La conjuration des égos par Aude Vidal

Féminismes et individualisme

Passages marquants :

Le féminisme, entre intime et politique

 

Privées de paroles, privées d'espace, les femmes sont aussi d'une certaine manière privées de leur corps. C'est ainsi qu'est décrit le rapport des petites filles à leur corps par des sportives qui notent la faibel amplitude d'un geste, un bras qui ne va pas chercher loin derrière pour envoyer une balle.

 

Les femmes sont les premières à se flageller, lorsqu'elle ne le sont pas, disponibles : « égoiste », « tu ne pense qu'à toi ». Conseils familiaux, amicaux et professionnels, émis indifféremment par des individues des deux sexes, castrent les femmes, les cupabilisent, s'attaquent à leurs éxigenses pour leur faire rejoindre le niveau acceptable.

 

Le recours à la recherche en sciences humaines et sociales est ici vital pour débusquer les inégfalités, tant dans le discours commun le moindre contre-exemple (« Oui, mais moi je connais des femmes qui ») démonte toute tentative de généralisation.

 

La disproportion entre l'immensité de la tâche (détruire le patriacat) et les luttes minuscules (le refus de l'expression « mademoiselle » par exemple) pour s'y atteler sans attendre le Grand Soir offre un objet de sarcasmes tout prêt à ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change et à ce que les femmes restent ces petits être serviables et décoratifs.