Hommes Anarchistes face au féminisme par Françis Dupuis-Déri

Pistes de réfléxion au sujet de la politique, de l'amour et de la sexualité

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Passages marquants :

 

La féministe Catharine A. MacKinnon précise de plus que a violence contre la femme à une valeur érotique dans notre société occidentale et que les femmes en viennent à vouloir être subordonnées dans la sexualité et l'amour, car elles ont intériorisé cette « valeur ». [violence, érotisme]

 

Pour leur part, les hommes, anarchistes ou non, sont socialisés en tant qu'hommes à considérer les femmes comme des objets sexuels, et à associer la violence et la domination à la sexualité, au désirable [violence, érotisme]

 

Par ailleurs, des hommes anarchistes prétendent être « victimes » du système patriarcal, considérant en conséquence que les féministes ne devraient pas cibler les hommes, mais lutter à leur côté. Contre qui ? Voilà qui n'est pas très clair, puisque cette perspective laisse entendre qu'il n'y a personne qui contrôle le système patriarcal, qui se tiendrait comme un nuage au-dessus des hommes et des femmes. [masculinismes]

 

Il y a deux classes de sexe qui forment le patriarcat, […] ces deux classes ne sont pas égales et […] sont composées d'individus de chair et d'os, qui de par leur assignation à une classe n'entretiennent pas des rapports égalitaires avec les membres de l'autre classe. Les hommes anarchistes […] doivent reconnaitre le fait qu'ils appartiennent à la classe dominante, et que les femmes avec qui ils entrent en relation appartiennent à une classe dominée. [réalisation]

 

Une variation sur le thème de la priorité stratégique peut consister à laisser entendre que la mobilisation féministe, surtout en non-mixité, représente non seulement une dissolution des forces anarchistes mais une véritable exclusion des hommes anarchistes qui se rouvent donc disciminés par ces femmes qui ne respectent plus les principes anarchistes universalites d'égalité et de solidarité. Ce discours, qui me semblait un écho de la rhétorique républicaine classique, à été maintes fois reprise au sujet de la trentaine de féministes réunies en non-mixité dans le campement « Point G » en marche du Village alternatif, anticapitaliste et antiguerre (VAAAG) […] contre le sommet du G8 à Évian en 2003. [non-mixité, hierarchisation]

 

Placé en position de domination face aux femmes de par son appartenance à la classe des hommes, l'homme anarchiste même bien intentionné aurait tendance à dominer les femmes, car la structure de classes inégalitaire entre les gommes et les femmes favorise chez lui son instinct autoritaire, sa volonté de domination. Christine Delphy explique de plus, au sujet d'un homme hypothétique — il pourrait être anarchiste — qui voudrait entretenir une relation égalitaire avec un femme, « qu'il ne peut à lui tout seul supprimer, détruire ce qu'uil n'a pas fait », c'est à dire la structure inégalitaire patriarcale dans le cadre de laquelle ses relations avec les femmes prennent nécessairement place. [réalisation]

 

Des féministes comme Christine Delphy et Peggy McIntosh rapellent que dans notre société, les hommes jouissent en général de nombreux avantages face aux femmes, même si ces hommes sont critiques de leurs privilèges et s'affichent proféministes et anarchistes. [privilèges]

 

« Le privé est politique », c'est à dire (1) que les femmes vivent des relations de pouvoir dans leurs rapports interpersonnels avec les hommes; (2) que ce rapport de pouvoir ne relèvent pas de la psychologie individuelle et des traits de personnalité, mais d'une strucutre sociale constituée de deux classes de sexe; (3) que c'est dans le privé que les femmes sont le plus menacées par les hommes (inceste, viol, violence, meurtre). En somme, si les hommes anarchistes entrentn nécessairement en relation avec des femmes (anarchistes ou non) en tant que membre de la classe de sexe dominante, ces dernières sont nécessairement membres de la classe du sexe dominé. Cela aussi encourage chez l'homme anarchiste son instinct de domination. [privilèges]

 

Les hommes anarchistes respecteront les femmes quand elles auront établi un rapport de force qui modifiera les structures inégalitaires. C4est d'ailleurs ce que des militantes anarchistes et féministes s'efforcent de réaliser, génération après génération, dans la société et dans le milieu militant, au gré de leurs décéptions, de leurs peines, de leurs blessures et de leurs colères. [rapport-de-force]

 

Pour Claire Sydner, le défi est très grand, car il s'agit « de créer une égalité entre les genres alors que les femmes érotisent les relations inégalitaires et de domination, et jouissent d'être réifiées, et demandent le droit de servir sexuellement les hommes » [érotisme, réalisation]

 

Les anarchistes sont d'autant moins enclins à s'ouvrir aux critiques féministes à leur endroit qu'ils tirent en général un sens de supériorité morale à s'identifier comme des victimes, des opprimés, ou des alliés des opprimés; les anarchistes sont donc particulièrement réfractaires à l'idée qu'ils seraient eux-même des privilégiés et des dominants. [réalisation]

 

Les hommes anarchistes devraient se considérer avant tout comme des auxiliaires des femmes et des féministes, et ils devraient aligner leurs actions (ou leur inaction) selon les volontés, les besoins et les désirs des femmes et des féministes. [postures]

 

"S'agit-il de constituer des groupes d'hommes antisexistes, pour discuter de la déconsntruction de nos scripts érotiques ? Malheureusement, de telles expériences dans les années 1970 et 1980 ont débouché sur des expressions anti-féministes; ces groupes luttant au final pour les « droits des gommes » contre les féministes et le « féminazisme ». Une telle évolution (ou régression) n'est pas surprenante : placer quelques membres 'une classe dominante ensemble, et il y a un risque réel qu'ils se solidarisent et se confortent les uns les autres dans leurs complaintes au sujet de « leurs » femmes qui contesteraient leurs privilèges et leur domination. Nous devrison plutôt entamer un processus de disempowerment et pour l'ensemble des hommes." [non-mixité, groupes-hommes]

 

Mais la théorie anarchiste prévoit que les dominants ne s'engagnent dans un processus de disempowerment que si les opprimées se mobilisent et luttent pour leur émancipation, et contre les dominants; la théorie anarchiste permet donc de prévoir — paradoxalement — que les hommes anarchistes le lâcherons leur prise sur des femmes que lorsque des femmes auront constitué un rapport de force les forçant justement à lâcher prise, à s'engager dans un processus de disempowerment. Si des hommes anarchistes trouvent cette conclusion irrecevable et cherchent les failles dans mon raisonnement, je crois que des femmes anarchistes la trouveront simplement banale. [rapport-de-force]